L’homme d’affaire niçois, le Royal Monceau et la banque de Cahuzac

Souvenez-vous, c’était en juin 2008. Ronaldo, Lenny Kravitz, Lou Doillon, Jude Law… et 4000 autres VIP en tenue de soirée, une coupe de champagne dans une main… Un marteau dans l’autre! Les images, un brin décadentes, de la destruction du Royal Monceau avaient fait le tour du monde. À l’origine de cette « demolition party », il y avait un homme, Alexandre Allard, tout juste 40 ans et déjà millionnaire. Le fondateur de Consodata venait de s’offrir le célèbre palace parisien, fleuron du groupe Royal Monceau qui jusqu’à cette vente comptait également dans ses actifs l’hôtel Élysée Palace à Nice. Même si le groupe était alors plutôt plombé par son passif : près de 200 millions d’euros de dettes. Si bien qu’Allard le millionnaire n’a, en réalité, eu à débourser qu’un euro symbolique pour racheter le palace parisien. L’homme d’affaires hérité du même coup des 200 M€ de créances. Mais, l’affaires n’en était pas moins juteuse. Selon les révélations de Médiapart la semaine dernière, Alexandre Allard aurait empoché une commission de 54,7 M€ lors de cette transaction. Une jolie rémunération qui aurait échappé au fisc, versée sur des comptes offshore via un complexe montage mis au point par la banque Reyl, celle de l’affaire Cahuzac !

Un document bien embarrassant

Car Alexandre Allard n’aurait en fait racheté le palace que de manière très transitoire. « Pendant des années j’ai plaidé qu’Allard n’était qu’un faux nez », martèle Me Gaudillière, l’une des avocates de Pierre Reynaud, un autre homme d’affaires, niçois celui-là. Lui aussi s’intéressait de près au Royal Monceau. « Un ami m’avait prévenu qu’il y avait un joli coup de fusil à faire, témoigne Pierre Reynaud, l’homme par qui le scandale a éclaté. Le Dr Aïdi, le patron du groupe Monceau, était prêt à vendre. Les Qataris étaient intéressés. On a passé des contrats… » Mais, les négociations menées via une société financière, le groupe Centuria, capotent. Du moins c’est ce que croit Pierre Reynaud jusqu’au jour où le fond qatari Barwa se fend d’un communiqué pour annoncer qu’il vient de racheter le Royal Monceau. L’homme d’affaires niçois comprend alors qu’il s’est fait doubler. Il contre-attaque sur le terrain judiciaire. Il réclame sa commission sur la vente du Royal Monceau. En vain. Le tribunal le déboute. « Il a perdu tous ses procès », martèle Me Jean Veil, l’avocat d’Alexandre Allard qui « réfute en bloc toutes les allégations de Pierre Reynaud ». Pourtant, dans la mêlée judiciaire l’homme d’affaires niçois se targue d’avoir récupéré « le contrat secret qui lie Allard aux Qataris ». Un document « explosif » que Médiapart vient donc de rendre public. Il y est question de sociétés luxembourgeoises, de rétrocessions d’action et de coquettes commissions. Bien plus conséquentes que les 4 millions d’euros que la vente du palace était censée avoir rapporté… Tout au moins au regard de l’administration fiscale. Bercy a d’ailleurs déposé plainte pour fraude fiscale dès 2013. Du coup Pierre Reynaud, avec ses avocats Mes Gaudillière et de Baets, envisage « de se constituer partie civile ».

https://www.pressreader.com/france/nice-matin-cannes/20151102/281526519925053

Souvenez-vous, c’était en juin 2008. Ronaldo, Lenny Kravitz, Lou Doillon, Jude Law… et 4000 autres VIP en tenue de soirée, une coupe de champagne dans une main… Un marteau dans l’autre! Les images, un brin décadentes, de la destruction du Royal Monceau avaient fait le tour du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *